04 avril 2008
L'impossible fond
La peinture René de Magritte questionne sa propre nature et l’action du peintre sur l’image. La peinture n’est jamais une représentation d’un objet réel, mais l’action de la pensée du peintre sur cet objet, une image de l'intellect de la personne. Magritte réduisait la réalité à une pensée abstraite rendue en des formules que lui dictait son penchant pour le mystère : « je veille, dans la mesure du possible, à ne faire que des peintures qui suscitent le mystère avec la précision et l’enchantement nécessaire à la vie des idées ». Il prônait ainsi que la réalité visible soit approchée de façon objectale et ses peintures jouent souvent sur le décalage entre un objet et sa représentation. Magritte souhaitait liquider tout ce qui était conventionnel: « L’art de la peinture ne peut vraiment se borner qu’à décrire une idée qui montre une certaine ressemblance avec le visible que nous offre le monde ».
Sur cette toile, l'humain se représentant accède au questionnement sur sa nature. Homme et femme, civilisé et animal, dans un décors planté qui lui permet d'exister. J'ai donc rajouté dans l'original le cadre qui permet cette existence par une représentation complémentaire qui ne trahisse pas le désir originel de Magritte. Le réel visible est soutenu par la structure intime de l'univers, ensuite vient le décors dans lequel les personnages évoluent.
Comme une identité singulière...
« Le rêve et l'utopie doivent aussi avec la science et la raison, être des moteurs dans le développement de l'humanité. » Cette très belle phrase, il fallait être philosophe comme Emmanuel Mousset pour la prononcer, l'homme qui distribue du poil à gratter dans l'Aisne. La science et la raison sont froides toutes seules, elles ont besoin d'être réchauffées, et seul l'imaginaire sans contraintes posées à priori peut y arriver. L'art nous invite à vivre complètement toute la plénitude humaine, sans oeillères, dans une harmonie morale et éthique.


